douche

Petite chute d’eau civilisée. On a du mal à s’imaginer aujourd’hui que pendant très longtemps, il n’y avait pas de salle de bains dans les appartements et les maisons. Seuls les bains-douches permettaient de se laver, environ une fois par semaine. Aujourd’hui, cela concerne les personnes sans logement, ou celles qui vivent seules. Pour elles, c’est un moyen de croiser et rencontrer des gens. C’est doux, une douche. Le matin, comme le disait la pub pour un savon quand j’étais enfant, c’est aussi comme un zest, du tonus qui vous réveille. Elle fait partie de notre quotidien, et quand, pour une raison ou une autre, on en est privé, cela provoque un manque. En Italie, sur la côte adriatique, une amie, avec qui je passais des vacances au camping, souffrait de devoir se doucher avec un frêle débit : cela l’empêchait de pouvoir se laver les cheveux, qu’elle avait longs et épais. Pendant mon séjour dans le désert au sud du Maroc, je ne me suis pas douché pendant plusieurs jours. Je me souviens que je pensais parfois au moment où j’allais pouvoir en prendre une, et, le moment approchant, la perspective de me doucher à mon retour dans la ville me rendait heureux. Comme des retrouvailles. J’ai pris mon temps pour savourer l’eau. La sensation de l’eau qui coule sur la peau est un plaisir jamais démenti. Je sens l’eau transparente glisser, insaisissable, je tends ma bouche vers elle pour la rafraîchir, je me baisse un peu pour que l’eau coule sur mon crâne et l’apaise, de sa chaleur ou de sa fraîcheur. C’est une sorte de seconde peau m’enrobant, et je me rêve en caillou, en branche d’arbre coincée entre des rochers, sur lesquels roule une petite rivière. Un manteau. Je peux régler le débit et la température de l’eau pour les adapter à mon désir, réchauffer mon corps, ou le rafraîchir. La douche met en évidence l’insatisfaction de l’homme : on recherche ce qu’on n’a pas. S’il fait chaud, mon corps désire une douche froide ; s’il fait froid, il désire une douche qui le réchauffera. Régler la température pour trouver celle qui s’accorde avec mon désir du moment, c’est comme rechercher son style (« carrément débile, j’trouve pas mon style » dit Souchon), pour coïncider avec soi (ça peut prendre un certain temps, le moi est follement instable). Voilà pourquoi il nous arrive de prendre des douches froides : il y a un désaccord en nous, ou entre nous et le monde extérieur. Si nous n’étions pas si sensibles au froid, je rêverais bien d’une douche de neige, une nuit de campagne éclairée par la lune, les pieds dans les herbes. Une douche totalement silencieuse.

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cadence

Il arrive parfois que des discussions ressemblent à des chorégraphies, où les mots dessinent une harmonie apaisante, excitante, parce que les partitions de chacun s’accordent étrangement. « Cadence ta riposte » (« dance out the answer ») : j’aime cette réplique de Béatrice dans Beaucoup de bruit pour rien (Much ado about nothing) de Shakespeare. Elle la prononce, au sujet du mariage (lien qu’elle refuse pour elle-même), comme un conseil à sa cousine pour s’adresser à celui qui a l’intention de la courtiser. Il se peut bien que tout soit une question de cadence, dans l’échange avec l’autre. Chercher à trouver le bon rythme à ses paroles, où la pensée et les mots pour la formuler coïncident, circulent avec la justesse de ton et la vigueur qui conviennent, et suscitent chez les autres le désir d’y faire sa propre place. Comme une danse, façonner peu à peu un équilibre entre parler trop vite et trop fort, comme un galop mal maîtrisé, et parler trop bas et trop lentement, comme un poisson pris dans des filets. Alors la parole est une sorte d’éclair galvanisant. Cadence, danse de la parole, rythme qui donne à la voix un corps et une élasticité de danseur, spectacle où chacun peut s’inscrire à sa façon, pour le plaisir de s’y exercer, et pour la joie de trouver son rythme, sa note.

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chaloir

C’est un verbe, impersonnel, comme neiger, pleuvoir. Il a presque complètement disparu de notre langue, excepté dans l’expression « peu me chaut », qui signifie « peu m’importe, je m’en moque ». Le langage est pour les mots comme des sables mouvants, instable. On ne sait pas souvent très bien où naît un mot, pourquoi il évolue, où il meurt. Il y en a des vieux, des jeunes, des à la mode, des abandonnés. Tous ces sons et ces sens circulent sans boussole. Peu me chaut : j’aime bien placer cette expression de temps en temps dans les discussions, elle surprend. Elle amuse, en particulier les enfants et les adolescents. C’est une façon d’exprimer sa nonchalance, sa non-chalance : je ne m’en fais pas. Être nonchalant, c’est mettre de la distance avec les choses pour les observer sans passion, en déceler les indices discrets qui les rendent touchants et donnent envie de sourire à la vie. Chaloir, au contraire, c’est accorder du sérieux aux choses, s’attacher avec engagement à des personnes, des idées, des objets, essentiels ou superficiels. Ses enfants, la justice, une vieille casquette. Sa compagne, l’égalité, un bouquet de fleurs séchées. C’est étrange que ce verbe ait disparu, car c’est le propre de l’homme de chaloir. Chaloir avec nonchalance, si possible.

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courbe

Quand je m’observe en marchant dans la rue, en passant devant une vitre, par exemple, je remarque que la position de mon corps est légèrement courbée, vers l’avant. Je suis une courbe qui marche. Cela peut faire penser, un peu, à une sorte de parenthèse ambulante. Mauvaise et vieille habitude que de ne pas marcher droit, jamais corrigée, ou sinon quelques secondes, avant d’oublier presque aussitôt. Je ne ressemble pas à une ligne droite, c’est ainsi, ce n’est pas voulu. Ce qui m’attire dans une courbe, c’est la possibilité d’y voir un paysage qui change. Une courbe, une bifurcation. Il y a quelque chose d’autre à voir. La main peut dessiner autant de courbes qu’elle le souhaite, dans un pré, sur une feuille, un tronc d’arbre, sur un corps (alors, elles s’apparentent à des caresses, ce dont est privé par Fanny, la femme qu’il aime, Sidner, le personnage de L’Oratorio de Noël de Tunström, et qui va le conduire à voyager sur tout la courbe de la planète, pour relier la Suède à la Nouvelle-Zélande, et à renouer avec les caresses), sur les pages d’un livre ; elle se promène, elle recherche quelque chose, ou prend son temps : qui sait si une apparition ne se prépare pas. Une œuvre d’art est aussi une courbe : elle part du chemin que la réalité propose (ou impose) et crée à partir d’elle une courbe différente qui vient proposer autre chose, creuser dans le réel un autre sillon, l’enrichir de son expérience neuve. La courbe peut supposer aussi l’emploi de la force : comme on parle de courber le dos, ou de plier l’échine, parce que des coups menacent, on courbe le réel pour révéler en lui ou lui donner une nouvelle dimension, qui serait demeurée invisible si l’on s’était contenté de suivre la ligne droite. Courber ne doit pas casser. Des coups de pinceau sur une toile, ajouter comme, dans une phrase, c’est fabriquer des courbes. Se décaler des mots de départ (le comparé) pour aller voir ailleurs avec d’autres (le comparant), puis créer un pont entre eux (point commun). La courbe et la ligne droite se rejoignent quelque part. Une courbe fait advenir quelque chose d’autre. Quand je serai vieux, je serai peut-être encore plus courbé. Puis la parenthèse se fermera.

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bribes (134)

la vie piétine, recommence, pleure. dispersée. aspiration, combats. avec quelle énergie se découvre des petites variantes

elle veille, en vacillant, aux sentiers dans les jardins, aux déplacements de la pensée, à la cadence d’un autre monde

le printemps est court. la voix de la chanteuse amorce l’air, séduit la tristesse ainsi accompagnée dans l’ombre

la camionnette file hors de la fenêtre, je me cripse en croyant à l’accident après le freinage, c’est le percolateur qui brutalement bruit

un corps au bord de la falaise aperçoit sa terrestre démarche morose. à peine si elle existe. il rêvasse son souffle et s’aventure sur les rochers avec sa canne étincelante

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buée

Hésitation, pour la lettre B, entre baleine et buée. Physiquement, ce sont deux extrêmes. J’ai finalement opté pour la buée, car Melville a écrit Moby-Dick (certes il s’agit d’un cachalot…), et ce n’est pas facile de parler de baleine après Melville. Cela paraît indéfinissable, la buée. Le mariage du chaud et du froid. J’aime ce mot d’une seule consonne et de trois voyelles d’affilée, j’aime le prononcer, les lèvres s’avancent puis s’écartent, comme pour laisser passer l’air chaud de la bouche sur la surface froide. Bu-ée. Enfant, sur une vitre de fenêtre de notre appartement, de la voiture, j’ai souvent soufflé pour créer de la buée, et ensuite écrit un mot ou dessiné quelque chose sur la surface embuée. Quel enfant ne l’a pas fait ? On peut tout y écrire. Son prénom et son nom, celui de la personne qu’on aime, un point d’interrogation, un dessin, le plus souvent un visage ou un corps, un cœur. Vite effacer. Recommencer tant qu’on veut. La buée reçoit comme une confidente nos secrets d’enfance qu’on peut gommer par peur d’être démasqué. La buée rend possible une œuvre éphémère, qui se noie dans son réchauffement. Dans une voiture, pendant de longs trajets d’hiver, on a le temps d’observer pendant des minutes entières les gouttes peu à peu glisser sur la buée de la vitre, bleue, noire, éclairée par intermittence par les phares qui nous croisent dans la nuit. Nos pensées les accompagnent, bercées parfois par une musique qu’on aime. Les seules fois où elle dérange, c’est sur les lunettes de vue, de plongée. Alors, elle n’est plus celle qu’on observe, mais celle qui nous empêche d’y voir. Rien de plus facile de la faire disparaître. Un simple mouchoir en papier suffit. Buée est sœur de rosée : même phénomène, mais sur des plantes, des pétales, dans la nature. Là aussi, la fascination que cela générait, quand j’étais enfant, de voir des toiles d’araignée, le matin, brillantes, entre les branches des arbustes, dans le petit jardin au rez-de-chaussée, grâce aux gouttes de rosée capturées, comme un collier de perles, que je ne pouvais offrir à mon amoureuse qu’en imagination. Et puis l’amour, comme chacun sait, ne consiste pas à capturer sa proie. De toute façon, elle devait, comme tout le monde, avoir peur des araignées et de leurs toiles. Elle se serait enfuie en courant. L’imaginaire de la buée appartient, il me semble, à l’enfance. Devenu adulte, ce n’est plus notre domaine. On prend le volant. On râle à cause des traces de doigts des enfants sur la vitre. Et la baleine ? Elle n’a sans doute jamais croisé de toile d’araignée, et n’a nulle part dans l’océan une surface vitrée où déposer de la buée avec sa bouche immense. Dommage, il y aurait de quoi écrire.

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action

Je choisis plutôt le nom action, que je préfère au verbe agir, pour ses sonorités justement plus percutantes, plus proches de ce que ce mot peut signifier, des sonorités qui réveillent, qui aident à sortir de la torpeur, comme si je donnais un bon coup de ciseau dedans. L’action, c’est précisément sortir de soi. Engager son corps, sa voix, sa pensée, dans un acte qui vise à être perçu par son entourage, qu’il soit intime, proche, familial, professionnel, collectif, et qui traduit quelque chose de soi-même. J’ai longtemps eu du mal à agir vraiment, par peur, par timidité, par crainte du jugement. Et dans ce cas, quand on se décide à entrer en action et que l’habitude, l’entraînement manquent, on peut vite devenir maladroit : tomber, se blesser, vexer, avoir des paroles blessantes pour les autres. Ce qui n’aide pas véritablement à se lancer davantage. J’ai travaillé, ça va un peu mieux. Je sens mieux où se situent mes limites et comment parfois les repousser. Avancer avec moins de brusquerie, même si provoquer n’est pas désagréable, et constitue aussi une invitation, certes brutale, à agir. Mais ne pas trop provoquer, donc. Adolescent, j’ai découvert au cinéma le personnage d’Oblomov, dans le film Quelques jours de la vie d’Oblomov, de Mikhalkov, adapté du roman de Gontcharov, que j’ai lu plus tard. Oblomov est un homme qui fait de la paresse et de l’inaction les fondements de son mode de vie. Le personnage est drôle et touchant, plus que son ami Stolz, incarnation de l’homme d’action. J’aimerais bien pouvoir ne rien faire d’autre que ce qui me motive, travailler, jardiner, cuisiner, m’occuper des tâches ménagères ou administratives uniquement quand je le décide ou le désire. Mais il faut bien composer avec la réalité, ne pas toujours l’affronter. Le temps ne nous laisse pas souvent libre. En grandissant, j’ai découvert, notamment au début de ma vie professionnelle, que l’action est comme le nerf de l’existence et qu’elle permet de vibrer, de se lancer des défis, plus ou moins consciemment, de se jeter à l’eau et de voir ce que ça donnera. Parfois, on prend de sales coups. D’autres fois, on nage dans une eau vivifiante. Surtout, on se sent bien d’avoir agi, même modestement, conformément à ses pensées, ses convictions ; de les avoir partagées, rendues concrètes, visibles, séduisantes. Dans mon existence, parler, lire et écrire sont des formes d’actions que je privilégie. J’aimerais davantage, mais ce n’est pas si mal. J’ai appris que l’action vaut mieux que l’inaction, parce qu’elle fait circuler en soi et autour de soi ce qui nous anime. Action ! Ce mot, qui informe les acteurs que c’est à eux de jouer pendant que la caméra tourne, indique bien que l’action peut être une comédie, une illusion : c’est du cinéma, je joue, ce n’est pas vrai. Une action sera plus belle si elle est sincère. L’action n’a pas de valeur en soi, elle en prend quand elle épouse la forme de son intelligence. Mais il faut parfois faire une pause. Un bon film d’action a besoin de scènes où il y a des temps morts. Sinon, le spectateur n’en peut plus. Sans temps mort, la vie devient invivable. Une vie composée du subtil dosage entre action et détente, réflexion et engagement, c’est peut-être cela qu’il faut approcher. Être en action avant que le temps nous vole notre temps. Ce n’est pas fini.

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bribes (133)

l’affirmation d’une insouciance

une voix vous enveloppe : c’est suffoquant, étrange. on ne peut rien contre elle

goûter à l’accent de cette femme, au tempo félin de ses pas, comme à des âmes sœurs

se mouvoir sans assurance avec le vent amical, amoureux, avec le sourire

les longues enjambées de louise, sur ses semelles compensées, souple, parcourant la cour. la rage timide dans les yeux de louise. il la regardait de loin

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patience

Me voici devenu patience. La patience est liquide. C’était difficile d’y parvenir. Il faut le temps. Lui seul peut créer l’espace sensoriel à partir duquel nous nous accordons à penser que ce n’est pas une illusion, la patience. Quand cela se produit, il y a comme un lac qui émerge de moi, en moi, une fluidité nouvelle et apaisante, une nappe de tranquillité, discrète, mais qui sait faire son apparition aux bons moments, avec parfois, sans doute, un peu de retard, court-circuitée par de la fébrilité tenace, un désir de coup d’épée dans l’eau. Le tout est de venir envelopper, à la façon des gouttes d’eau sur un peau brûlante se propageant et apaisant, avec malice, les élans brûlant d’impatience, qui sont toujours là, en germe, les vagues de désordre qui ne submergent plus comme par le passé, avant la présence du lac. Je suis un lac de patience, ma surface est légèrement ondulante, sensible aux frissons, mes profondeurs sont comme à l’écart, une sorte de gare aquatique où les trains arrivent au ralenti, heureux du voyage accompli. La patience a sans doute à voir avec le fatalisme, un fatalisme serein.

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pluie noire, masuji ibuse

La guerre intervient dans l’histoire de l’humanité pour éloigner l’homme de la plus belle part de son humanité ; pour lui faire ressentir le plus lourdement et le plus douloureusement possible qu’il existe des moyens humains terribles pour lester son désir de vie paisible du fardeau de l’intrusion du tragique.

Parmi les moyens de torture inventés par l’homme, dont l’imagination n’a pas beaucoup de limites en ce domaine, il y a la bombe atomique. Shigematsu Shizuma, dans le roman, tient un journal, son « journal de sinistré », pour relater méticuleusement ce qu’il a vu le jour où la bombe a explosé à Hiroshima, et les jours suivant l’explosion. Il décrit les conséquences atroces des effets de la bombe sur les corps, l’incompréhension dans laquelle se retrouvent ceux qui survivent, l’incapacité des médecins à soigner les blessés. La bombe transforme les hommes en corps brûlés, fige les vies dans la mort en un instant, rend les hommes méconnaissables (« Quand j’ai regardé la moitié gauche de ma figure dans la glace, mon cœur a battu de plus en plus fort : je me reconnaissais de moins en moins »), brûle et pulvérise les corps en morceaux (« De loin en loin bougeaient des points blancs et noirs : des hommes en quête des restes de leur famille. Quelle désolation ! »).

Qu’est-il possible de faire dans cette destruction ? Faire ce qui est juste, agir en opposition avec les volontés belliqueuses où « la guerre finit par avoir raison du jugement des hommes ». Sauver ce qui peut l’être dans un espace ravagé. Trouver les ressources pour respirer, pour marcher, pour réparer. C’est ce que le roman raconte, et aussi, cinq ans après la bombe, la lente et obstinée reconquête du cycle des jours sur la terreur de l’arrêt du temps. Rétablir la clairvoyance du jugement : « Mais qui, dans cet univers, a donc le droit de faire surgir un monstre aussi inouï ? »

« Une paix injuste vaut mieux qu’une guerre soi-disant juste. »

Il se peut bien que toutes les paix soient injustes, mais elles ne sont pas la guerre. Retrouver une vie paisible, c’est ce que souhaitent les femmes et les hommes qui ont survécu, mais les corps sont malades et heurtent la possibilité de vivre. Ecrire est alors une ressource contre la folie guerrière. Elle donne accès aux images de la destruction, non pour la glorifier comme le font les belliqueux, mais pour la regarder du point de vue de la vulnérabilité humaine. Elle témoigne de la façon dont les survivants orientent toute leur énergie à la préservation de la vie, et à sa prolongation. Elle met en lumière l’innocence de ceux qui ont été irradiés ou contaminés par la pluie noire, à travers le personnage si émouvant de Yasuko (personnage magnifié dans l’adaptation d’Imamura), avec une justesse et un équilibre mesurés, avec une modération qui disqualifie les discours politiques justifiant l’usage de la bombe, et qui rend la violence barbare de celle-ci d’autant plus intolérable et injuste.

Pluie noire montre des hommes qui ont conscience de la brutalité des hommes et qui consacrent leur temps à réorienter le regard des hommes vers l’apaisement et la douceur.

(traduit du japonais par Takeko Tamura et Colette Yugué ; Gallimard, Folio)

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