cavité

C’est une grande tombe, une très grande tombe. Elle n’y ressemble pas. Une cavité, plutôt, où rien ne résonne. Celle qui est morte il y a peu est devant l’entrée, silencieuse, debout. Le plafond est bas, mais on y entre sans se courber. Les pas y sont silencieux. Il n’y fait pas froid. Au fond, lit contre le mur, le cadavre d’une femme morte depuis des années, couché, ouvre les yeux puis se redresse. Je connais très bien ce visage, mais peu à peu, chaque trait qui en faisait un visage unique, familier, s’estompe, s’éloigne, se transforme. La femme morte depuis longtemps parle : « Je suis votre médecin. » Parole vaine. Je retourne vers l’entrée de la grande tombe. Celui qui est mort est là aussi, debout, silencieux. Mes yeux ne sont pas éblouis en sortant.

C’est le jour. La retenue qui recouvre de silence et rouille le langage, les yeux et la voix désirent s’en séparer, et rejoindre le flux, le vaste flux où hasarder et faire résonner ses pas, qui consent à aimer.

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