chroniques du virus (1)

Cette chronique qui commence se donne pour thème ce qui pourrait y mettre un terme. Cette chronique a pour sujet quelque chose d’invisible qui se répand et occupe l’esprit de tous, y compris de ceux qui ne seront pas touchés. Il accapare tout. Le flot d’incertitudes et d’irrationnel qu’il engendre balaie tout sur son passage. Le vide qui le suit est immédiatement rempli de messages, informations, rumeurs, contre-informations, exagérations, supputations. Le vide s’installe aussi dans les supermarchés. L’homme a une capacité phénoménale à se remplir d’une foule de mots, de pensées, de paquets de nouilles et de rouleaux de papier toilette, comme si tout en lui était vide. Il faut des mots qui prennent beaucoup de place : le mot guerre, que le chef martèle, qui troue la tête, tonitruant. Il fallait y penser. Nous sommes en plein mois de mars. Dans les corps, dans les esprits, la fièvre. Ma tête est saturée. Le temps est délabré. Les rues sont désertées. Cette chronique commence mal.

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