chroniques du virus (6)

Ce soir, les nuages étaient colorés d’une lueur rose formant à leur sommet une ligne droite comme tracée au pinceau, sous l’œil borgne et intensément lumineux de la lune dans le bleu vif du ciel. Contempler cela de la fenêtre avait quelque chose d’apaisant, dans l’attente de cette expérience à venir qui n’a pas de précédent, le déconfinement, dont on parle sans savoir quand ni comment il se déroulera, fugue trahissant notre malaise du temps présent.

J’aimerais que cela ressemble à l’entrée dans un nouveau livre, dans laquelle on se projette et qui nous réjouit à l’avance, tant l’actuel, dont il est impossible d’arrêter la lecture, s’avère, malgré des passages réussis, décevant, comme c’est le cas pour la plupart des livres ou des expériences dont on attend beaucoup.

Que cette fugue réjouisse comme le premier bain de mer, à la belle saison, où l’on va résolu, en se gardant de s’y précipiter, pour en savourer chaque pas, chaque instant, notre impatience en sourdine, pour faire précisément connaissance.

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