chroniques du virus (8)

Le froid, ce n’était presque rien, tout compte fait. C’était presque vivable. La brise est légère et douce. L’humidité de la nuit partie ailleurs est encore légèrement odorante. Les oiseaux passent d’une branche à l’autre. Ils n’y restent posés que de brefs instants. Mais ce ne sont plus désormais, parmi les hommes, que tremblements terribles. Le bleu pâle du ciel promet de foncer. Les premiers rayons éclairent les fines branches des arbustes du petit jardin. Il sera bientôt éclatant de lumière. Mais cela ne fait rien, dans les rues printanières, tremblent tous les hommes dans leur marche. Tremblent ceux qui sortent encore. Tremblent aussi ceux qui ne sortent plus, de peur de trembler davantage. Les médecins aussi. Ils redoutent de soigner maintenant. Certains tremblent en soignant. Certains restent trembler chez eux avec leur remords, avec comme un cri de pauvre chèvre attachée à son piquet qui sort de leur bouche. La voix chevrotante, les chefs de guerre parlent. Ce n’est pas qu’ils étaient écoutés avec une grande confiance, avant, non, ce serait exagéré de le prétendre, mais personne ne les comprend vraiment plus. Et les morts affluent sans trembler.

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