du fort

Vus de haut, du fort de Gwalior, les arbres qui subsistent sont coincés entre les bâtiments, étouffés même, tenaillés au tronc. Il faut aux branches et aux feuilles l’énergie de grimper au-dessus du béton, ils y parviennent parfois. Il faut porter son regard au loin, une fois que les constructions humaines se font moins denses, comme si un fleuve sévère et large, blanc et beige, se ramifiait brutalement en de multiples ruisseaux presque invisibles, pour que les arbres puissent à nouveau, comme il y a longtemps, s’épanouir sans murs qui les restreignent, respirer, et occuper l’espace.

Le fort, planté au-dessus de la ville, comme rejeté, d’un autre temps sans doute, inusable mais inutile. Pour atteindre ses remparts, on emprunte une longue pente. Pour savoir ce qu’ils cachent, une autre plus courte, mais le vieil Indien, la peau mate, les cheveux épais, chemise à manches longues et à carreaux, est obligé de descendre de son vieux vélo aux pneus lisses pour la gravir. L’ombre est salutaire. Plus loin, derrière les remparts, faute de brins d’herbe, deux vaches sniffent la poussière.

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