essai d’assèchement de l’île de Houat 5/

24 juillet, grande plage

12h10. Un couple sort de la mer en portant un zodiaque rouge pour le déposer sur le sable sec. Shorts. Manteaux de pluie. Pieds nus. Ils remontent vers le village. Un goéland vole au-dessus de moi en silence. J’écoute le bruit incessant ou presque des vaguelettes au bord de l’eau. La plage est presque vide. Je compte en tout douze personnes. Deux sont assises. Les autres marchent. Un zodiaque blanc s’approche de la plage. Les passagers rament. Pas de bruit de moteur. Il pleut une pluie fine. Je compte une cinquantaine de bateaux au large de la plage. Toutes voiles baissées. Ciel parfaitement nuageux. Nuages blancs, gris. Vent léger. La mer est basse. Le sable sec est recouvert d’une fine pellicule de sable humide, dûe à la bruine de ce matin. Le zodiaque est sur la plage. Deux adultes, deux enfants en sont descendus. Des algues au bord de l’eau. – Marianne, on y va, dit une enfant. Legging noir, manteau rose à pois blancs. Des gouttes d’eau sur les brins d’herbe de la dune. – Ah ah ah ah ah ! Trois personnes remontent vers le chemin qui mène à la plage ou qui fait qu’on la quitte. Petites fleurs aux pétales blancs, aux reflets mauve pâle. Quelqu’un court au bord de l’eau. Un goéland marche sur le sable dans ma direction, seul. Pattes rouges. Bec très fin aux reflets rouges. Pelage blanc et gris. Il plonge son bec plusieurs fois dans son pelage. La personne qui court s’est rapprochée. C’est une femme, manteau jaune, jambes nues, gants noirs. Le goéland est toujours là devant moi, regarde dans ma direction, attend peut-être quelque chose à manger. Vent doux. Il finit par s’envoler, vole d’abord en rase-motte, puis disparaît. Devant moi, des restes d’un château de sable. Je compte 27 donjons de sable disposés en cercle. Des ronces parsèment la dune. Au bout de la plage, loin, à ma droite, le vieux port, détruit par une tempête en 1951. Une partie a été préservée. Une maison blanche, grande, un étage, fenêtres aux volets bleu pâle. La petite île d’Hoëdic (caneton en breton, Houat, canard) face à la grande plage. Un voilier blanc passe entre elle et Houat. Pas un bruit de voix depuis plusieurs minutes. Des promeneurs viennent de ma droite. Ils sont six, marchent deux par deux. Bouées jaunes pour le chenal. Mon capuchon de stylo tombe dans le sable et s’y enfonce presque entièrement tout de suite. Je le ramasse. Deux petits oiseaux volent et chantent. Volent ensemble puis se séparent. Moteur d’avion caché par les nuages. Deux couples forment maintenant un groupe de quatre. Deux hommes. Deux femmes. Une des femmes tousse. L’autre prend son sac blanc et cherche quelque chose. Petites gouttes de pluie. Ils repartent et se scindent à nouveau en couples. L’un est jeune, l’autre plus âgé. La jeune femme tape sur les fesses de son compagnon une fois, deux fois, doucement, amoureusement. Pluie fine et vent léger. Trois voiliers avancent sans bruit vers le port. L’encre et l’eau de pluie forment sur la page droite de mon carnet de minuscules gouttes grises. 12h40.

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