essai d’assèchement de l’île d’Houat 2/

dimanche 16 juillet

10h. Ciel uniformément bleu, sauf un petit hémisphère blanc : demi-lune. Un Houatais, P., ouvre la barrière blanche de la maison de son père, veuf, L., et y entre. Il est accompagné par son chien. Les voisins en face à droite prennent leur petit-déjeuner : tartines de pain, confiture, jus d’orange, café au lait, thé. Un parasol jaune et vert les protège du soleil. L. revient avec A. Les cloches sonnent. « Y’a du poisson à vendre au port, que aujourd’hui. » « Le pain grillé, c’est bon, le pain grillé ! » lance en passant la femme de H., patron du Siata. Rumeur de voix provenant de la télé dans la maison des L., à droite. Un léger vent sur ma peau un tout petit peu moins blanche. Un frêle chant d’oiseau. Le boulanger, qui vient travailler sur l’île chaque été pour donner un coup de main à J., sort du fournil d’un pas vif et se rend dans la réserve juste en face. Cloches, carillons : ça doit être l’heure de la messe dominicale. Le vieux L., avec son éternelle casquette blanche et son éternel petit chien blanc, passe, comme de coutume, plusieurs fois par jour devant la maison. Petite discussion sur son chien qui s’est échappé par un trou du grillage qui entoure sa maison, qu’il lui a fallu rechercher. Il me dit l’avoir frappé pour lui donner une leçon, même si dans le ton de sa voix la conviction semble bien mince. L’avocat, en polaire marron, gants de jardinage, égalise la haie qui entoure sa maison, au sécateur. Un ado en T-Shirt blanc et short noir passe en trottinette, tête baissée, concentré sur son affaire. Vol d’oiseaux noirs, de petite taille, qui piaillent beaucoup, puis brusquement, plus du tout. Les voisins en face ferment leur porte et s’en vont. A ma droite, un drap bleu foncé est secoué d’une fenêtre d’un premier étage sur ma droite par des mains invisibles. Le vieux L. repasse devant moi en direction de l’église, sans son chien, direction la messe. Bruit de moteur d’un avion de tourisme. Un plat à four est posé contre le mur, à côté de la porte d’entrée des voisins d’en face. Il y a aussi un sèche-linge plié, sur lequel un short rouge est posé. Une femme passe avec son enfant dans une poussette. Rumeur d’avion de tourisme et de télévision. La lune est un peu plus sur ma droite. J’entends les Stones à la radio, ce n’était donc pas la télé chez les L., par la porte ouverte, « Sympathy for the devil », sur Europe 1. Deux grands parasols de café, la marque Affigem inscrite dessus, en lettres blanches sur fond noir, sont couchés sur la pelouse et les mauvaises herbes qui longe le mur blanc face à moi. Le même ado repasse en trottinette, mais cette fois il porte un chapeau de paille, un T-Shirt noir « île de Houat » et un short de jean bleu. Sur la table de la petite terrasse des L., un grand cendrier bleu, un poisson blanc peint. J’entends la voix d’A., rocailleuse, qui sort, se poste devant le garage et scrute le ciel, comme c’est son habitude, pour en savoir plus sur la météo à venir. Le soleil devient vraiment chaud. J., le boulanger, sort de la réserve et rentre dans le fournil, avec son éternel tablier bleu. M., qu’on a connue il y a deux ans, étend ses serviettes sur le sèche-linge. Elle quitte l’île cet après-midi avec sa fille M. La voisine en face est de retour, elle s’installe sur sa chaise devant la maison et se coupe les ongles des doigts de pied. 10h30.

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