gares

L’impression « prodigieuse » que Michaux ressent pour la gare de Calcutta, je la perçois aussi pendant, et après, les moments passés dans celle de New Delhi, où se mêlent, dans l’immensité du lieu, les corps calmes, inertes, en attente pour un temps qui peut sembler pétrifié dans les files d’attente, dans les regards et les visages, infini, avec l’incroyable addition de déplacements, de mouvements en tous genres, de corps qui se croisent, se frôlent, courent, s’arrêtent, changent de direction. Et dans tout cela, je regarde les pancartes de signalisation auxquelles je ne comprends rien, faites habituellement pour se retrouver, et dont la présence ici aide à se sentir, dans la déroute, un peu voyageur, au moins, pas trop. Les quais sont nombreux, comment être sûr de prendre le bon train ?

Chaque minute, chaque hectare de l’Inde semble concentrer une potentialité d’ailleurs explosive, dans laquelle on ne peut pas réellement entrer, tant il faudrait pouvoir d’abord sortir soi-même du labyrinthe confortable où l’on se promène tranquillement muni de notre fil.

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