halte

Faisons une halte. Éteignons les lumières dans les rues, dans les centres commerciaux, dans les maisons. On fera les courses plus tard. Promenons-nous dans les bois. Nous n’irons pas travailler. Pause dans l’assujetissement des heures. Off les téléphones et les tablettes et les ordinateurs. Fermons les volets de la production au rythme de fer. Écoutons ce qui vient alors. Une femme et un homme fument une cigarette dehors, dans un petit jardin de banlieue. Ils partagent dans le noir où ils devinent leurs visages les mots qui leur viennent. Ils font une halte pour s’écouter et livrer ce qu’ils ont à l’esprit ou sur le cœur. Petite halte. Ce serait bon que le monde prenne le temps d’une vraie halte. Tous les yeux du monde jettent un œil patient sur lui et projettent pour lui la fresque qui en ressort. Il verrait sous un autre angle à quoi il ressemble. Il verrait qu’il ne ressemble pas à grand-chose, sous cet angle. Ou à une folie invasive. Il aimerait bien alors se refaire une petite beauté, une vraie santé. Il reconnaîtrait qu’il a poussé, qu’il a abusé. Traverserait son esprit qu’une vie calme lui ferait le plus grand bien. Le monde veut, ça y est, se reprendre en main. Ne plus courir pour fuir le temps, mais ponctuer chaque seconde, chaque minute, pour en savourer la profondeur et la légèreté.

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