impossible

Impossible est un mot trompeur. C’est un mot frileux. Ne pas se fier à lui. C’est un mot qui, quand on le prononce, quand on l’entend, voudrait décider l’absence de ce qui est susceptible d’advenir, exclure du réel ce qui pourrait y exister. Cogner contre l’impossible est une heureuse initiative. L’impossible est incertain : préférons l’imprévisible, qui est beaucoup plus sûr. Ce qui est présenté comme impossible un jour devient soudainement réalisable, comme c’est étrange. Souvent, comme c’est amusant, ce sont ceux qui détiennent le pouvoir de rendre une chose impossible et qui la décrètent comme telle, qui, devant l’adversité qui conteste, la transforment en possibilité. Vous voyez bien. Improbable correspond mieux à la réalité. C’est improbable, mais ce n’est pas impossible. Le monde dans lequel nous vivons devrait être impossible, et pourtant, nous y vivons : mais il ne restera pas le même éternellement, car tant de personnes y souffrent, sous les yeux des happy few qui se cachent. Il est contestable, il est contesté. L’imprévisible témoigne de la vie qui déborde ; du refus de l’impossible, semblable à une mort qui étouffe. J’invite le mot impossible à la table (ronde) des mots suivants, qui mettent les points sur les i comme le soufre au bout d’une allumette vient réchauffer ou embraser (provoquer une incision dans ce qui est perçu comme impossible) : idée, imaginaire, immodéré, impatience, improvisation, indocile, infatigable, increvable, intranquillité, insoumission, insurrection, invention, ivresse, pour qu’il s’y noie.

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