La fraîcheur *17

Mes fenêtres sont petites. C’est pourquoi je les ouvre en grand, pour faire venir la fraîcheur. Toujours disponible. Ciel bleu clair ; elle vient par petites rafales. Elle imite le muguet qui s’invite en mai et, au cas où je broie du noir, éclaire l’instant pendant lequel mes narines sentent sur mon chemin son parfum tendre. Elle est parfois accompagnée d’un rayon de soleil, et je la savoure par contraste, la fraîcheur, qui semble être venue pour moi, qui aime de moins en moins avoir chaud. Sorte de dopage, soupçon passager de vie, fait pour alerter : allez, accueille-moi sur ta peau, puis en toi, et tu sauras aller, réveillé de ton inaction par ma petite gifle, par ma petite griffe, maline. Le monde se traîne dans la tiédeur, choisit mal ses ivresses. La fraîcheur dément les temps morts, sourit à l’imminence.

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