la fraîcheur *18

Pendant que les dormeurs sont sous leur couette, j’aime éperdument que la nuit elle s’installe durablement. Il est temps de sortir. La fraîcheur refleurit toujours. Elle ne craint pas l’obscurité. Elle veut bien des plages de silence. Elle vient. Un souffle paisible de la nature. J’avance avec elle qui m’accompagne et me suis où que j’aille, exhortation, oxygène clair. C’est comme si à chaque coin de rue nous disparaissions. Elle s’unit à ma peau, la recouvre avec amour pour ne plus faire qu’un avec elle. Durablement. Avec d’infimes variations, selon les mouvements de mon corps en elle qui m’entoure. Dans les maisons, les autres sont entassés dans leur chaleur de plâtre, hypnotisante. La peau molle, les yeux clos. Ils s’enfoncent et se vident. Nous traçons et engrangeons. L’air, doux fouet, entre les arbres s’amuse à animer les feuilles et les branches. J’essaie d’enregistrer son accent. Les réverbères éclairent le sentiment paisible qui nous menace bientôt. J’observe la fraîcheur préparer la rosée des jardins et des parcs. Elle ne compose pas seulement un paysage contre la chaleur ou la moiteur ; elle lutte aussi, essentiellement, contre le vide qui s’y insinue et nous immobilise.

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