les branches nues

La lumière est douce dans le jardin. Depuis que je les ai taillées, les branches nues de la glycine, de la vigne et de la bignone ont retrouvé leur air squelettique d‘hiver, accentué par leur enracinement qui les condamne à l’immobilité. Cadavres exhibitionnistes. Mais leur morbidité est démentie par leur apparence de bras désordonnés, nombreux, et qui se tendent dans toutes les directions possibles, dans un désordre vivant, avec une patience à la fois émouvante et risible, mais aussi déterminée, invariablement tournée vers un autre espace. Le vent les aide à se maintenir dans le mouvement, même petit, même limité. Il les malmène avec ses rafales qui sortent de leurs gonds. Elles sont secouées mais n’iront pas bien loin, sans doute. Pourtant leur place dans le monde est comme réservée, comme si rien ne pouvait entamer leur certitude que, de leur sécheresse terne et froide apparaîtra, au contact de l’air, libre, humide et chaud, même laborieusement, inévitablement, une nouvelle empreinte de vie.

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