les bulles de cidre dans le verre à thé turc

Je viens de terminer de boire le cidre que j’ai versé dans un verre à thé turc que j’ai ramené d’Istanbul en 1997, il y a bientôt 22 ans.

Istanbul, où je suis allé grâce à, et avec, la femme que j’aimais, elle m’avait envoyé un coup de fil pour me demander la Turquie ok ?, elle était en Bretagne et moi dans le Val-de-Marne, c’était en février, oui.

Un matin, il y a eu un dégât des eaux dans l’appartement où nous logions. La voisine est venue nous alerter, avant qu’elle frappe à la porte, nous étions endormis, nous ne comprenions pas ce qu’elle nous disait, nous l’écoutions nous parler en turc, avant de comprendre, en allant dans la salle de bains, ce qui causait son mécontentement.

J’ai versé rapidement un peu de cidre dans le verre à thé, à peine décoré de liserés dorés en son centre et à son sommet, en partie effacés par l’usage et le temps. Conquérante, la mousse du cidre en le versant est montée vite jusqu’au sommet du verre, comme des nuages translucides se lançant à l’adret d’une montagne, en faisant son doux crépitement étrange et délicat de mousse. J’ai regardé la mousse s’affaisser lentement, presque disparaître, puis des petites bulles remonter vite à la surface, en souvenir.

La couleur du cidre hésite entre le blond et le roux, dont le soleil vif a ravivé l’éclat, comme avec une chevelure, comme une peau blanche dorée par le soleil d’été.

J’ai bu le cidre lentement, j’ai aimé son goût fruité, acide et sucré.

Il reste au fond du verre une goutte et des bulles minuscules par centaines encore, dépôt transparent, petite amertume, écume résistante.

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Une réponse à les bulles de cidre dans le verre à thé turc

  1. Frédéric dit :

    La tête me tourne un peu d’avoir tourbillonné sur Twitter, ici je me pose, verse le lait d’amande, où sont les bulles ? Où est le petit cœur pour liker histoire de dire puis glisser jusqu’au post suivant (ou précédent – le temps numérique est bidirectionnel).
    On ne va pas commenter une cérémonie du cidre et du souvenir.
    On va juste laisser la poudre d’or infuser.
    Laisser passer un nuage ou deux.
    Reboire le soleil.
    Et pétiller.

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