les derniers métros

les derniers métros emportent les fatigués

qui baillent ou rigolent, braillent ou chuchotent

les corps dans le vague du sommeil qu’ils veulent ignorer, ou dans l’excitation de la prolongation de la vie

brouhaha de voix coincées dans l’inquiétude

grappes souterraines d’adolescences accrochées à leur incertitude

indolence de regards cuits

le rebord d’une fenêtre au lieu d’une épaule, froid sur la joue

impulsion mœlleuse de lèvres sur d’autres lèvres

tentatives de congédier la solitude

quand je quitte le métro, je passe près des vivants délaissés qui ne rentrent pas chez eux, qui tentent de dormir dans les escaliers et les couloirs froids

je passe près des dévastés

hier s’éloigne dans le virage et le crissement de l’accélération

et le métro fera demi-tour

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