les immeubles

De grandes étendues plates, sans prairie, sans montagne, sans forêt. C’est le décor immense. Des immeubles, de longs immeubles, de gigantesques immeubles, dont il est impossible de mesurer la taille. Quatre étages, tous, invariablement béton. Suspendus à neuf mètres au-dessus du sol, ils se déplacent lentement, en groupe : des immeubles qui volent comme s’ils étaient des oiseaux lourds. Ils chantent aussi, enfin : des voix de travaux de ravalement assourdissant, de vieux ascenseurs peinant, de volets rouillés au grincement criaillant, de fenêtres qui claquent au vent. Sur les chemins, les hommes regardent et marchent. Ils s’étonnent du spectacle mais le torticolis menace, ou sont gagnés par l’ennui de l’ombre. Ils avancent à la recherche des zones ensoleillées. C’est à ce moment précis que l’immeuble qui vogue au-dessus semble percevoir la volonté de l’homme, et de ses neuf mètres, chute lourdement sur le sol, pour l’annihiler. Des gravats amoncelés parsèment le sol comme un mirage, qu’il faudra jeter plus loin pour repartir sans crainte vers les rayons.

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