ligne 2, 19 mai, porte dauphine-la chapelle

au moment où le métro accélère, on se croirait un peu dans un avion qui va décoller

les voix enregistrées en anglais, en allemand, confirmeraient presque cette impression

j’échange un sourire avec quelqu’un avant la station Ternes, qui porte donc mal son nom

la plupart des visages sont sérieux, fermés, préoccupés par quoi ?

c’est que nous n’avons pas décollé. nous sommes dans un souterrain

une femme lit attentivement un texte juridique précisant que l’expulsion ne sera pas prononcée

mais elle devra payer 1500 € d’indemnités

le quai est rempli, quelle est la vie de tous ces gens ?

une femme entre et lit Jane Austen en anglais

– vous voulez vous asseoir madame ? un oui et un sourire timides pour réponse

des voix étrangères parviennent jusqu’à moi pour maintenir l’illusion du voyage, un accent venu des pays de l’est

la voix de la conductrice signale que la rame doit rester à l’arrêt

(inspiré par les Poèmes de métro de Jacques Jouet, éditions pol)

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