lire dans la gueule du loup, hélène merlin-kajman – 2/empathie et dispathie

A la recherche d’une interrogation avec le monde, donc. Dès lors, s’il y a partage, c’est qu’il doit y avoir un domaine public, à différencier du domaine privé, qui se penche sur l’intimité et n’interroge pas le monde commun, seul « capable de mettre la réalité en partage ». Mais alors, où se situe la littérature, du côté du monde partageable ou de l’intime, sujet qu’elle aborde souvent ? L’intime peut-il ouvrir sur le monde ? Dans le cas où l’expérience de l’intime est traumatique, comme celle de la Première Guerre mondiale qui a rendu des soldats mutiques, la possibilité de monde commun est détruite. Mais l’intime, comme avec les Essais de Montaigne, comme peinture d’une conscience en réflexion et en mouvement, peut aussi offrir du commun. Il y a donc des textes, qu’ils appartiennent au domaine public ou au domaine privé, que Merlin-Kajman nomme « empathiques » : ceux qui permettent la circulation, le partage, et des textes qu’elle nomme « dispathiques », où la subjectivité est inhibée.

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