naissance

Je ne m’en souviens pas du tout. M., lui, soutient qu’il se la rappelle. Le fils d’une amie aussi. Ce serait curieux. Que se passerait-il si c’était le cas ? Comme Merlin, on pourrait connaître le passé et l’avenir, on pourrait s’exprimer. On ne serait pas enfant. Mais on l’est, donc. On perçoit peu à peu le monde, ses formes, ses couleurs. C’est lent, c’est de la fatigue. La scène invisible sert de socle à une existence durant laquelle les naissances d’une tout autre nature ne cessent pas, visibles ou invisibles. Elles sont incalculables : naissance de la faim, de la peur, de l’amour, de la soif, de la douleur,…, de la mort. Elles nous échappent en grande partie, par la faute de nos facultés si limitées. Celles de mes enfants ont laissé une trace. C’est une expérience déroutante et magnifique. observer le visage de l’enfant qui naît. Peser sa vulnérabilité, sa volonté et l’accompagnement qu’elles appellent d’emblée. La naissance est simultanément un ancrage dans l’existence et une fuite vers ce qui lui adviendra, un établissement et une avancée. Chaque naissance existe en soi mais n’est rien sans l’accueil qu’elle suscite. Amuse-toi à trouver l’équilibre. Voici le parc, à toi de jouer. Il arrive à des enfants que des zones d’ombre pèsent sur les circonstances de leur naissance. Que font-ils ? Ils cherchent à savoir. Ce n’est pas toujours possible. Ils échafaudent des hypothèses. Ils essaient de ne plus y penser. La naissance est un sac dans lequel on est amené à fouiller, que le passé ne fasse pas entrave au présent, que le présent respire de la multitude de naissances dans une vie. C’est une occupation à plein temps, autant ne pas trop laisser filer les vivifiantes. On aimerait presque que cela ne cesse pas.

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