ouvrir

Ouvrir les bras à l’enfant qui court vers toi. Larges sourires ouverts, dynamiques, libérés dans le lien. Ouvrir une porte pour accueillir les invités, ouvrir une fenêtre pour que l’air circule, pour rafraîchir, virer le renfermé de chez soi. Ouvrir, c’est faire place à ce qui vient d’ailleurs, à ce qui diffère, avec qui le dialogue peut avoir lieu. Ouvrir les frontières aux réfugiés. Une gare doit rester ouverte. Un port ne peut pas fermer. Une place est ouverte. Ouvrir un livre qui peut-être nous invitera à savourer de nouvelles sensations ou de nouvelles pensées. Ça peut nous bousculer. Ça vient nous désorienter, nous dérouter. On peut en souffrir. Ça peut être cruel : ouvrir une huître avant de la manger toute crue. Il arrive aussi qu’une parole, un geste, un acte, soit une révélation. Ouvrir, approcher, comprendre. L’œuvre ouverte pour créer des échos, l’œuvre donnant accès à l’ambiguïté. Ouvrir le temps qui vient, à l’action ou à l’oisiveté. L’oisiveté est une ouverture vêtue d’un voile de passivité, un no man’s land, mais qui, sans but préconçu, est prête à cueillir des fruits aux goûts variés. Ouvrir la bouche pour exprimer ce qui nous importe, le faire circuler, voire l’évacuer, donner de l’air à ce qu’on ressent pour lui donner de la légèreté, pour le faire respirer. Alléger. Quand on nage sous l’eau, elle résiste, il faut ouvrir les bras avec force afin de créer le passage qui permettra de poursuivre l’avancée. Ouvrir fatigue, car ça résiste en face. Offrir un cadeau, regarder quelqu’un l’ouvrir, espérer voir l’heureuse surprise sur son visage. Dans un clin d’œil, l’un des deux yeux reste ouvert pour observer la réaction de la personne à qui il est destiné. Ouvrir a besoin parfois de réceptivité. Certains, dans leur façon de s’exprimer, ouvrent tout en grand, sans filtre, et cela vient heurter les esprits, les conventions ou les vieilles habitudes fermées. Ça passe ou ça casse. Une manifestation ouvre la voie. Ouvrez ouvrez la cage aux oiseaux. Ouvrir, couvrir, découvrir. Ouvrir la porte, la fenêtre, c’est la première étape avant l’évasion.

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Une réponse à ouvrir

  1. Philippe Thouart dit :

    Et s’ouvrir à quelqu’un de proche qui cherche à s’ouvrir après avoir été tant fermé, peut être trop, n’est-ce pas trop difficile ?
    Quel est donc cet effort à faire, sortir d’un mensonge, on y songe. Suspens ?

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