première quinzaine de juillet 2017 : bribes

appropriation de la vie par l’encre. rattrape l’enfant endormi. l’errance aura un être neuf. fenêtre de liberté

enfants doux comme la justesse, fragiles comme un chagrin de l’autre bout du monde. papillons bariolés qui jouent avec les cicatrices de la douleur qui gronde

inédits recommencements de l’enfance. l’immédiate beauté du jouet. début de l’aventure

rien d’autre que plonger dans la liesse, évasion dans la faim, fugue dans la fête. épouse la jouvence

vie à mille portes, ou se munir de mouchoirs

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la fraîcheur *16

La torpeur est une ruine. Elle m’envahit parfois, de son enclume engourdissante. Me voilà bientôt gisant, par inadvertance. J’aimerais que ma peau d’abord, que mon corps tout entier, en soient débarrassés. Si la fraîcheur survient, elle est comme une précipitation bienvenue, hors de la torpeur. Oui, j’aime que la fraîcheur vienne jusqu’à moi, clandestinement, en passant par la fenêtre, ou aller vers elle (éviter de passer par la fenêtre). Une averse inattendue, salvatrice, qui détourne de la paralysie, insuffle de la vivacité, et dont je savoure les fines gouttelettes au goût de futur proche.

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deuxième quinzaine de juin 2017 : bribes

pelures de crayons pour reconstituer ses souvenirs. et puis il lui arrive de regarder l’eau des vagues

être heureux souplement, c’est loin

s’affirmer ne ressemblait pas à mon enfance tremblant

il danse éperdument, multipliant l’animal sauvage et sa mélancolie

nourrissant le flux sentimental

le vent au fond de la mer frémit de vivre à peine

persistance de l’élan de bribes. les garder ouvertes. rêverie sans fin. ballet de son ombre. entre image irrigue

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première quinzaine de juin 2017 : bribes

on apprend la mort. perpétuellement une vague retombe. en elle le parfum des douleurs

fraternelle. énergiquement solaire. élan de beauté. bribes où elle marchera, revigorant la liberté

elle côtoie le manque, mais une promenade conduit où l’air est vif, l’invitant aux éblouissements

les baisers scandés et les caresses émerveillantes, tout nous enchanta

renaître à l’heure où les gens se couchent

fouille dans le combat, la fatigue, la lassitude, l’égarement. ramasse ce flambeau presque éteint de l’émancipation

dans un monde insensé, l’humanité redonne vie. résonnant comme un refuge magique

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la fraîcheur *15

Les nuages étaient nombreux dans le matin frais. Ils s’étaient rassemblés dans le ciel bleu. Les uns contre les autres, de l’air de ceux que rien ne presse, ils avançaient très lentement, comme si, tranquilles, bienheureux, au lieu d’aller voter, ils préféraient manifester dans l’azur.

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deuxième quinzaine de mai 2017 : bribes

le temps s’abîme de se sentir écrasé

élan vital, souffle plus large, reliefs d’eau fraîche

accents d’âmes douloureuses

une sève rêvasse un voyage pour disparaître

le poète émiette les constellations

une vie simple de déambulations par mégarde dans l’avenir

la rivière argentée des vols d’oiseaux tutoie l’horizon du rêve voisin

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neige silencieuse, neige secrète, conrad aiken

Paul Hasleman, comme les autres enfants, sait que la réalité qui nous est proposée ne suffit pas. Il faut l’associer à autre chose qui la dédouble. Seule, nue, la réalité est décevante. Elle traîne les pieds. Sans le décider vraiment, on ressent la nécessité d’autre chose, pour nous accompagner dans notre bizarre solitude. Aiken décrit cela très justement, avec simplicité, « comme une babiole particulièrement belle que l’on porte sur soi, sans le dire à personne, dans une poche de son pantalon ». Pour Paul, ce sera la neige. L’aura de la neige. La neige qui recouvre le réel, qui devient l’interlocutrice de Paul. Qui le réchauffe. Cela doit rester un secret, sans quoi les adultes (les parents) pourraient détruire ce qui aide l’enfant à se protéger du réel, et à le supporter. Circulent ainsi dans l’esprit de Paul une foule de pensées qui tournoient et enrichissent son univers intérieur, et qui éclairent crûment sur la pauvreté du quotidien, et le triste sérieux des adultes. Le quotidien a besoin d’être recréé, grâce à la neige, avec la neige. Mais la neige isole aussi. Elle pourrait faire plus : estomper le réel qu’elle recouvre et en séparer Paul. Comment fixer des limites à la neige ? Comment lui résister, elle qui efface un réel si peu attirant ? Cela le conduira à devoir lutter contre ceux qui n’ont pas accès à son univers blanc et froid, qui voudraient creuser ce que son secret a de si impénétrable. Il se pourrait, aux yeux des adultes, que Paul s’y perde, dans cette « beauté […] paralysante ». Mais est-ce si sûr ?

Ce splendide court récit d’Aiken raconte toute la complexité de la confrontation entre le monde intérieur d’un individu et le quotidien dans lequel il se crée, le délicat passage du monde de l’enfance à celui des adultes, la tension entre imaginaire et réalité, entre ce qui est désirable et ce qui vient lui faire ombre.

(traduction de Joëlle Naïm, éditions La barque)

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ligne 2, 19 mai, porte dauphine-la chapelle

au moment où le métro accélère, on se croirait un peu dans un avion qui va décoller

les voix enregistrées en anglais, en allemand, confirmeraient presque cette impression

j’échange un sourire avec quelqu’un avant la station Ternes, qui porte donc mal son nom

la plupart des visages sont sérieux, fermés, préoccupés par quoi ?

c’est que nous n’avons pas décollé. nous sommes dans un souterrain

une femme lit attentivement un texte juridique précisant que l’expulsion ne sera pas prononcée

mais elle devra payer 1500 € d’indemnités

le quai est rempli, quelle est la vie de tous ces gens ?

une femme entre et lit Jane Austen en anglais

– vous voulez vous asseoir madame ? un oui et un sourire timides pour réponse

des voix étrangères parviennent jusqu’à moi pour maintenir l’illusion du voyage, un accent venu des pays de l’est

la voix de la conductrice signale que la rame doit rester à l’arrêt

(inspiré par les Poèmes de métro de Jacques Jouet, éditions pol)

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première quinzaine de mai 2017 : bribes

et ma vie riait des images ensoleillées

l’élan sans euphorie, touche de peinture des voix intérieures, désoriente, comme des routes qui semblent inachevées

le bon vieux temps, ça fait longtemps, tombe en panne

étendue dans la clairière de l’effervescence

la force bizarre du vagabond, une broussaille d’enchantements

qu’est-ce qu’on attend

fournir le sursaut

désirable tenace

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deuxième quinzaine d’avril 2017 : bribes

prisonnier dans les ronces des finances, ou dans l’enfer clos où dresser les uns contre les autres. mais il y aura une issue pour la vie accueillante

les coups à la solidarité. éclosion de l’écœurement

troubler l’autorité, l’enfermement. réanimer le cheminement, la perception. voyage médecin

visage fluide, avec tendresse, éblouit

les mots comme une averse hors la loi

je m’aperçus que j’étais fou d’oxygène, et des métamorphoses de souplesse, avec rage

le chemin renouvelant les enchantements

lances des sensibilités venant susciter. flèche clarificatrice. à l’aventure pour un changement de cap

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