patience

Me voici devenu patience. La patience est liquide. C’était difficile d’y parvenir. Il faut le temps. Lui seul peut créer l’espace sensoriel à partir duquel nous nous accordons à penser que ce n’est pas une illusion, la patience. Quand cela se produit, il y a comme un lac qui émerge de moi, en moi, une fluidité nouvelle et apaisante, une nappe de tranquillité, discrète, mais qui sait faire son apparition aux bons moments, avec parfois, sans doute, un peu de retard, court-circuitée par de la fébrilité tenace, un désir de coup d’épée dans l’eau. Le tout est de venir envelopper, à la façon des gouttes d’eau sur un peau brûlante se propageant et apaisant, avec malice, les élans brûlant d’impatience, qui sont toujours là, en germe, les vagues de désordre qui ne submergent plus comme par le passé, avant la présence du lac. Je suis un lac de patience, ma surface est légèrement ondulante, sensible aux frissons, mes profondeurs sont comme à l’écart, une sorte de gare aquatique où les trains arrivent au ralenti, heureux du voyage accompli. La patience a sans doute à voir avec le fatalisme, un fatalisme serein.

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