qui entrevoit l’Islande (18)

Álftafjörður ; Berufjörður ; Fáskrúðsfjörður ; Reyðarfjörður. Les fjords quittent leur nom de fromage blanc. Les nuages sont bas, cachent les glaciers, et la pluie cesse rarement de tomber. Etape à Fáskrúðsfjörður, port où des pêcheurs bretons sont venus s’installer à la fin du XIXème (raconté dans Pêcheur d’Islande de Pierre Loti, que L. lit le soir, qui se lasse de la tonalité tragique, trop larmoyante du roman), où l’on dépose une auto-stoppeuse lyonnaise. Le port s’étend sur presque toute la longueur du village, aux rues et aux habitations construites en escalier sur la pente qui plonge dans la mer. Le nom des rues est indiqué en islandais et en français. L. souhaite visiter le musée des pêcheurs français. La tentative échoue : la maison bleue signalée dans le guide est fermée. J’en fait le tour. La peinture du bâtiment en tôle ondulée est usée, comme celle des petites fenêtres aux vitres sales. Rien qui indique une trace de vie récente, ni à l’extérieur, où la petite terrasse est vide et la porte fermée, ni à l’intérieur, où tout semble, excepté quelques objets et meubles en désordre, avoir été vidé. Une petite salle ressemblant à une cuisine paraît aussi inutilisée depuis longtemps. La pluie ajoute à l’abandon du lieu un complément de tristesse. Combien de temps encore ? On ne pourra donc pas s’y abriter, s’y réchauffer, écouter le son de nos pas sur le sol, découvrir l’odeur de l’endroit, regarder par les fenêtres un vélo passer, les pelouses fleuries, si la pluie tombe encore. On mange dans la voiture garée un peu plus loin. Vite rassasiés, vers Egilsstaðir maintenant.

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