semblable

semblable
à un migrant qui s’en va respirer ailleurs
qui sent qu’il doit se déplacer de toute urgence

à qui s’emballe à toute vitesse

à une course effrénée sur le quai presque vide
au ruisseau qui voudrait déborder de son lit
à une accélération impulsive de la voix

à l’autobus qu’on n’a pas encore calciné

à une voix qui s’étouffe comme prise par le sable
à une offensive timide

à un type ivre qui glisse dans une rivière une nuit noire

à l’inconnu qui danse sur une piste en feu

à la paroi rocailleuse qui s’effrite d’être agrippée
au saut qu’on ne rend pas saut

à une chaise, dans un jardin public, un jour, à la terrasse d’un café, un soir

à survivre à un monde qui étouffe l’océan et y met le feu, à un monde aux armes aveugles

à une question, à une réponse mourante

à la dispersion des idées dans les airs
à un simple ricochet

à une hypothèse invérifiable

« à une voile dans le Pacifique »

à l’heure à venir sur le cadran d’une horloge en panne

à non, plus, encore

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