un lézard

Un lézard sort du bocal où il a baigné, où il est resté un temps très long, un temps très long, où il est resté enfermé.

Il sort, comme si brutalement, ou comme si, après un mûrissement patient, il y avait quelque chose de vivant en lui et quelque chose de vivant dans le monde à l’extérieur du bocal, qu’il souhaitait mieux connaître.

Et quand il sort, il fait peur à celui qui le voit sortir.

Et quand il sort, il fait peur et en même temps plusieurs de ses membres se désintègrent, lentement, méthodiquement, l’un après l’autre, tombant, au contact de l’air ambiant dont il n’a pas l’habitude. Mais il résiste à la destruction complète.

Décomposition inattendue qui saisit celui qui l’observe.

Décomposition qui lui fait peur et qui en même temps le libère, comme des tirs qui ne l’atteignent pas lui directement. Qui ouvrent une voie à celui qui n’est pas mort.

Décomposition vivante qui l’accompagne, dont il s’est défait et qui le nourrit.

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