une plante

Une plante oubliée, quasiment inconnue, qu’on avait malmenée, apparait dans les rues. La pluie glisse sur ses feuilles rouges et jaunes et presque noires, sur ses branches presque transparentes, sur ses pétales, et les nourrit. Les oiseaux curieux viennent s’y poser. Personne sinon n’y fait attention. Pourtant elle grandit. Et les oiseaux chantent différemment. Leurs voix enrouée semblent du sang qui appelle de nouvelles veines où voyager, leurs ailes se dilatent comme une idée irrésistible qu’aucun obstacle ne parvient à limiter. La plante cherche à envahir l’espace, eau sortie du puits pour couler dans les gorges assoiffées, souffle sorti des profondeurs pour adoucir l’air ambiant. Elle se promène un peu partout et, à force de promenades, parvient jusqu’aux yeux et aux mains et aux nez, et provoque des frissons. Elle s’étend et les sourires se rencontrent. C’est une plante intarissable, sereinement exaltante pour s’enivrer. Chacun se demande s’il faut en couper les branches pour en faire des bouquets, ou la laisser avancer encore, la laisser déborder.

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