xénophilie

L’homme est pas mal paumé. Il y a de quoi. Pour peu que son parcours l’ait rendu nerveux et revanchard, avec ou sans raison, il accuse. Celui qui ne lui ressemble pas et ne manifeste pas la honte de sa différence est responsable de ce qu’il ne sait pas ou ne comprend pas ce qu’il fout ici, dans ce bordel qu’est la vie. Ce n’est pas sagesse. Défaut de confiance. C’est mécontentement viscéral. Débordement boueux d’émotions nouées. Il faudrait préférer le glissement à la soumission à nos obsessions maladives. Du fait de son mécontentement, il renonce à l’élargissement de lui-même, de ses émotions, de ses réflexions. Il se contente de bailler puis de brailler au tragique boursouflé. Lit son horoscope car c’est écrit que tout est tracé, est-ce vraiment contestable. Il ne voit pas la ressource après la fatigue ou l’intelligence de l’énergie pour s’aérer de la facilité qu’il y a à se vautrer. Pause avant l’exploration. Le territoire est aride, certes, mais le comique s’y étend et détend. Au lieu de cela, les mâchoires crispées de l’usure. Elle est là, s’agrippe, ses crocs toujours affutés mordent l’émerveillement d’être là, parfois, tétanisent le sourire simple et surgi de nulle part, ou long à venir, planqué dans le quotidien, presque invisible, mais dans des pas de danse, des mots justes, des embrassades jouissives. Comment détester ?

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